Jour 3 : Journée d'entraînement - l'adaptation est reine.

Ding Dong, le cadran sonne à 6h et des poussières et après une nuit de près de dix heures, je suis prêt à affronter cette première « vraie » journée d’entraînement ici à Hoorn, cette campagne hollandaise. J’enfile le polo Canada bleu, les shorts Frank&Oak pêche, me brosse la barbe et les dents et franchis avec faim les 32 pas qui me sépare du buffet. Petites crêpes… saucisse… fromage… fromage… fromage… charcuterie… 2 nectarines… je devrais aller courir cet après-midi pour diminuer le sentiment de culpabilité d’une deuxième (troisième) assiette. Ok, 7h arrive on saute dans le bus pour nos 45 minutes de bus direction la piscine pour notre premier entraînement en piscine. Tout va bien… sauf qu’il manque les Italiens dans le bus? Pas grave, on part, il est 7h03.


F*ck. La moitié du chemin déjà, le chauffeur de bus nous dit qu’on doit retourner chez les tifosis qui étaient en retard. Deux fois en deux jours, la grogne commence à augmenter. C’est beau, y’aura pas de quartier à ces championnats du monde, la guerre psychologique est commencée.


8h26 on arrive à la ¬¤¤¬¢¬³ piscine. Grazzie Italia.


Au programme ce matin, un 6km assez challengeant. Quelques allures de 10km, un peu de travail de « team-building » (autant se peut-il en natation) et on remonte dans l’autobus. Du moins, c’est ce que je pensais jusqu’au moment d’arriver sur la piscine.


Ok, là je comprends ce que tous les entraîneurs qui ont fait des sélections nationales me disent quand on doit se préparer à toute éventualité. Nous sommes dans la ville qui accueille back-to-back le championnat européen de natation en eau libre puis le championnat du monde junior et la piscine dans laquelle nous nous entraînons est une belle 8-couloirs 50m… avec 2 cordons qui font office de câbles anti-vagues et une belle glissade jaune. Bien vite, je me sentais comme au Centre Aquatique Rivière-des-Prairies. Il ne manquait qu’un palmier.

Il y a de tout ici… à commencer par le français Axel Raymond et sa coach qui lui crie après. Il y a aussi nos amis japonais et chinois qui porte le casque avec les oreilles qui sortent et des Italiens (encore) bien lay-back qui ne sont pas encore dans l’eau. Bien sûr, tout le monde a un entraînement différent. Welcome the the jungle!

Rapidement, nous empressons nos 8 nageurs de s’approprier un couloir, ce qu’ils font à grand coup de 9x100 au kick. Quelques bons jurons bien senti des autres internationaux et (ma nouvelle expression favorite) un « putin on dirait une simulation de tempête de mer » d’une Française essayant de dépasser Vincent qui kick plus tard, on est presque seul dans notre couloir! Bon travail Canada!

Nous avons modifié un peu la pratique car les conditions ne sont pas optimales, mais le travail est fait et on laisse les jeunes aller descendre la grosse glissade jaune. Le party est pogné dans place.

L'équipe nationale mesdames, messieurs.

L'équipe nationale mesdames, messieurs.

De retour dans le bus, on fait le compte-rendu de la séance et on se prépare à aller s’engraisser comme des bons cochons.

Vincent a perdu son combat contre la roche. C'était un K-O sans appel.

Vincent a perdu son combat contre la roche. C'était un K-O sans appel.

Super bon repas comme à l’habitude, pendant que les jeunes se reposent, je lance le présent blogue (et fait une petite sieste :) tout en préparant l’entraînement de l’après-midi.

Comme nous avons beaucoup de temps dans l’autobus, Michel et moi en profitons pour rencontrer les jeunes en pairs de deux afin de préparer le plan de match pour la course. Nous révisons les stratégies d’alimentation ainsi que l’approche à avoir. Il a beaucoup de forces ce vieux renard de Michel, mais sa façon d’aborder cette opportunité de courser contre les meilleurs au monde, ça ne s’apprend pas. Il inculque aux jeunes d’être fearless, d’y aller sans regret – racontant une anecdote avec Rick Say, l’Olympien canadien – mais surtout, de profiter du moment présent. Je ne sais pas pour les jeunes, mais moi, j’étais vraiment pompé.

Arriver au site de compétition, nous avions un plan clair d’entraînement qui a été un peu chamboulé par la météo. Il ne faisait pas très chaud (17° à l’extérieur et 19° dans l’eau) ce qui a amené quelques ajustements pour les nageurs et entraîneurs mais au final, on sort de là avec une bonne journée!

Après l’entraînement, nous avons fait le tour du site de compétition… l’arrivée et le départ se font dans un genre de marina, c’est vraiment, vraiment beau. De plus, les officiels en place (puisque c’est le championnat européen en ce moment) sont d’une gentillesse inégalée. Jusqu’à présent, tous les officiels que j’ai croisés en eau libre (au Québec, ailleurs au Canada et ici) sont tellement décontractés. Ça fait changement du climat parfois zélé que l’on retrouve en piscine.

On termine avec le souper et le repos. Au moment d’écrire ces lignes, je tente de trouver une microbrasserie près de notre hôtel-trou-perdu. Google et moi, on fait équipe ici.

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M-A