Jour 5 - les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas.

N'est-ce pas hier que je vous disais combien heureux j'étais de faire partir d'une nouvelle histoire de coach Michel et coach Ken? Et bien en cette journée 5, j'ai amené la game a un tout autre niveau.

Cette fois-ci par contre, je m'en serais passé.

Alors, ce vendredi matin pas comme les autres commencent à la piscine Hoornse Vaart pour un court entraînement avec Lauren, Victoria, Édouard et Vincent, nos 4 nageurs plus vieux. À l'hôtel, les plus jeunes dorment profondément, accumulant le plus d'heures de sommeil avant le cours de 7,5km du samedi. Comme c'est désormais coutume, je m'occupe du boys crew. Entraînement des plus classiques qui roule assez vite - les gars étant visiblement friand d'en découdre avec leur compétiteur. Vous en parlerez aux autres qui se sont fait nager dessus pendant 4000m... À un certain point, j'ai dû changer mes gars de couloir avant que l'Équateur cesse l'importation de café au Canada.

Après cette séance, le sentiment du devoir accompli est palpable. En route vers l'hôtel, une idée des plus brillante commence à germer dans l'esprit de Michel le bienveillant... "Hey Marc, dit-il, pourquoi ne louerions-nous pas des vélos cet après-midi pour visiter un peu le pays?". Si le génie avait un nom, ce serait Michel.

J'embarque!

En deux-temps trois mouvements, on réserve des vélos, je fais mon bon gars du 21e millénaire en googlant un bon café à une quinzaine de kilomètres d'ici et on part à l'aventure sur nos vélos de 35 livres pas mouillés. 

Il est environ 10h40 que nous partons avec le sourire fendu jusqu'aux oreilles. Selon mes savants calculs google, nous devrions être de retour vers 13h pour être dans l'autobus vers le lac à 14h15.

Et c'est parti!

Sans farce, quel meilleur façon de voir du pays qu'en vélo? Juste assez vite pour couvrir une distance intéressante, mais pas trop pour avoir le temps de profiter pleinement de tous ces beaux moulins, ces chèvres et ces moutons. On s'esclaffe ensemble et moi, grande guide que je suis, je dirige Michel dans les petites rues comme un pro. À ce point du voyage, ma game était on point. Direction Zaandam!

Comme c'est souvent (toujours?) le cas dans ce genre d'escapade, l'aller se déroule à merveille. Un peu plus long que prévu, mais who cares? Nous arrivons dans le petit village à une quinzaine de kilomètres de notre hôtel. Grosso modo, nous nous sommes arrêté à peu près 3 fois au total... Ici en Hollande, pour chaque km de route pour véhicule, il doit y avoir 1,5km de route pour vélo. Sensationnel. Sur cette révélation, je me commande une bonne soupe à la moutarde - spécialité locale - et un bon nan-which au poulet. Miam miam. Pendant qu'on attend pour se faire sortir, je sors l'électronique, valide le chemin de retour, photographie tout ça dans ma mémoire qui des fois, oublies et bing bang booooooom on repart, ragaillardi, prêt à leader les troupes au sommet du monde ce week-end.

Midi et des poussières, on décolle.

And now, shitshow is about to begin


Ce qui s'annonçait comme un beau petit 45 minutes de vélo pour revenir a viré au cauchemar. Demandez-moi pas (tout de suite) comment, mais je pense qu'au 2e carrefour giratoire, je me suis trompé d'embrachement. Tsé quand tu confonds Beverwijk avec Buitenhuizen et Busch en Dam mais qu'au fond, tu sais plus trop quelle ville est la bonne, ben ça donne un parcours qui ressemble à ça :

En rouge l'aller.... en bleu... le retour.

En rouge l'aller.... en bleu... le retour.

Voilà. Je pense que l'image traduit bien à quel point mon GPS interne m'a fait défaut dans notre petite ride de retour. Au-delà des vélos hyper lourds, du vent de face, de côté, mais jamais de dos, cette drôle d'impression d'être au beau milieu de nulle part mais surtout, c'est ce constat de plus en plus pressant que nous allions être en retard pour prendre l'autobus qui me rendait le plus nerveux. 

Un peu (trente kilomètres?) plus tard que prévu, nous arrivons finalement à l'hôtel, non sans avoir sacré un bon millier de fois et fait des **** you bien sentis à tous les moulins à vent, aux chèvres et aux moutons qui riaient de nous.

45 minutes après l'heure de départ de l'autobus.

1h45 plus tard que le plan original.

On saute dans le premier taxi et quelques 100 euros plus tard, on rejoint nos nageurs et staff au Lac où ils s'apprêtent à sortir de l'eau.

Le plus drôle dans tout ça, c'est qui si mon cellulaire n'était pas en train de se baigner dans les eaux du canal d'Amsterdam, j'aurais probablement pris la bonne sortie au deuxième carrefour giratoire.

Oh well.


Trêve d'histoires abracadabrante, la sortie en lac se déroule super bien. Même si l'eau est froide, l'équipe de soutien développe des plans de match individuel. Pour Vincent qui est maigre comme un clou par exemple, nous avons une stratégie précise avant la course pour le garder au chaud... Veste thermique, protocole d'application de Zinc et Vaseline, respect d'un horaire rigoureux. La totale quoi.

Ce qui m'impressionne le plus jusqu'à présent, c'est le niveau d'attention aux petits détails. Par exemple, avant de se coucher ce soir, nous avons tester nos perches d'alimentation avec les bouteilles de chaque nageurs, revu et revu et revu le parcours avec les jeunes basé sur les informations de la réunion technique et nos reconnaissances terrain. Nos jeunes ne sont peut-être pas les plus rapide, mais ils sont tough et surtout, bien préparés!

Voilà, je termine cette folle journée en payant la traite à coach Ken. Il le mérite bien... pogné avec Michel et moi pour une semaine, il a la couenne dur le monsieur!

Que le championnat commence!

Samedi: 7,5km pour les 16-17 ans
Dimanche: 10km pour les 18-19 ans
Lundi : relais!

PS : je tiens à remercier coach Ken de ne pas m'avoir retourner à la maison ce soir et à coach Michel de ne pas avoir fait une crise cardiaque au 63e km contre le vent. Ce que l'orgueuil peut faire parfois.